À 27 ans, quand la plupart des jeunes diplômés cherchent encore leur voie, Loïc Armel Kengne Wafo, lui, sauvait déjà une entreprise en crise. Un parcours fulgurant, une rigueur implacable et une vision : redéfinir les standards du management en Afrique. Portrait d’un prodige camerounais qui transforme les défis en tremplins et les entreprises moribondes en modèles de résilience.
Rigoureux, « risquophile » – comme il aime se décrire – et profondément humaniste, Loïc Armel Kengne Wafo porte une devise sans concession : Travail-Persévérance-Dignité-Succès. Des valeurs qu’il incarne au quotidien, que ce soit en négociant des partenariats stratégiques ou en formant la relève. Sa vision ? Devenir « un professionnel aux standards mondiaux, spécialiste du redressement d’entreprise en Afrique ». Un objectif déjà en voie de réalisation, au vu des entreprises dont il a impacté et des milliers de professionnels qu’il inspire. À 33 ans, Loïc Armel est bien plus qu’un manager : c’est un symbole. Celui d’une Afrique audacieuse, compétente, et résolument tournée vers l’avenir. Dans un continent où 60 % de la population a moins de 25 ans, son parcours rappelle une évidence : la jeunesse africaine n’a pas besoin de sauveurs. Elle a besoin de leaders qui osent, comme lui, « transformer les vulnérabilités en forces ».
Un départ fulgurant : du droit aux assurances, la naissance d’une vocation
Nourri par une soif insatiable de connaissances, Loïc Armel Kengne Wafo entame son parcours académique par un Master en droit public à l’Université de Yaoundé 2. Mais c’est dans les méandres des contrats d’assurance et des sinistres que sa véritable passion s’éveille. En 2012, à 21 ans, il frappe à la porte du Groupe SAAR, géant panafricain des assurances, comme simple stagiaire en gestion des sinistres. Un poste modeste, mais où il se distingue par une rigueur quasi-obsessionnelle et une capacité à anticiper les risques.
En juillet 2014, il gravit un premier échelon : chargé de clientèle. Mais neuf mois plus tard, le destin accélère. Le Groupe SAAR, impressionné par son sens aigu de la conformité, lui confie la création d’un service dédié. Il devient à partir de ce moment (nous sommes en Avril 2015), responsable de la conformité. Un défi titanesque pour un jeune de 24 ans qui, étant toujours à cette fonction en 2017, rédigera la première thèse professionnelle sur la conformité dans l’espace CIMA. Cette thèse professionnelle intervient dans un contexte où il soutient son master 2 en assurances, obtenu à l’école supérieure d’assurances de Paris. Sous le thème « Gestion Pratique de la Conformité dans une Compagnie d’Assurance de la Zone CIMA« , il a reçu la mention très bien avec félicitations du jury et son document va contribuer à la mise sur pied d’un guide, devenu référence, de la fonction compliance en Afrique.
En 2019, alors que la pandémie de Covid-19 ébranle l’économie mondiale, Loïc Armel Kengne Wafo relève un défi qui aurait fait reculer les plus aguerris : prendre les rênes d’une filiale guinéenne du Groupe SAAR au bord du gouffre. À 27 ans, il devient le plus jeune directeur général d’une entreprise d’assurances en Afrique francophone. Résultat ? En 24 mois, il redresse la société, la ramène à la profitabilité, et attire l’attention du siège.
La suite est tout aussi vertigineuse : en Janvier 2022, il est propulsé à la tête de Saar Assurances Côte d’Ivoire, avec pour mission supplémentaire de piloter le développement de la compagnie en Afrique de l’Ouest. Un pari en marche, grâce à une stratégie axée sur l’innovation digitale et l’inclusion financière. Car en Afrique, chaque crise est une opportunité de réinventer les modèles. Et cela, fait bien partie de sa philosophie.

Une quête d’excellence : Kal Invest & Consulting, l’enseignant et le mentor
Loïc Armel Kengne Wafo ne se contente pas de sauver des entreprises – il cultive l’excellence. En 2017, il fonde Kal Investment and Consulting Group (KALINVEST), un cabinet spécialisé dans le conseil en conformité et le risk management. Une initiative née d’un constat : « Les entreprises africaines ont besoin de structures agiles, ancrées dans les réalités locales, mais alignées sur les standards globaux. »
Sous sa direction, KALINVEST est devenu un partenaire clé pour les PME et multinationales, les accompagnant dans des transformations structurelles souvent périlleuses. Preuve de son impact : en 2017, il reçoit le prix du « Professionnel Africain du Risk Management de l’année », décerné par l’ACCPA dont il a été le directeur Afrique francophone pendant deux ans et quelques mois, d’Octobre 2017 à Janvier 2020. Il y a œuvré à professionnaliser les pratiques de compliance sur le continent.
Derrière le manager intransigeant se cache par ailleurs un pédagogue passionné. Depuis 2019, il partage son savoir à l’École Supérieure de la Finance, de l’Assurance et des Risques (ESSFAR) de Yaoundé. Dans les cycles de master en actuariat et master en ingénierie financière, il interviendrait comme facilitateur dans les modules suivants : droit et réglementation des assurances en Afrique ; droit, réglementation financière et éthique ; et management.
Ce jeune talent africain incarne l’alliance rare entre pratique et théorie. Aujourd’hui spécialisé dans le redressement des sociétés en Afrique, il rédige d’ailleurs actuellement une thèse de doctorat sur le sujet pour apporter sa modeste contribution à la science du management car pour lui, l’Afrique ne doit pas importer des modèles étrangers, mais forger ses propres méthodologies, nourries de son histoire et de ses réalités socio-économiques.