En Afrique, l’assurance représente encore une part modeste de l’économie : environ 1,5 % à 2 % du marché mondial, avec un taux de pénétration proche de 2 % du PIB. Un chiffre faible au regard du potentiel démographique et économique du continent. Pour Richard Lowe, fondateur et président du Groupe ACTIVA, cette réalité constitue moins un retard structurel qu’un vaste réservoir de croissance.
Depuis sa création en 1998, ACTIVA s’est progressivement imposé comme un acteur panafricain structuré, articulant solidité financière, discipline stratégique et ancrage local. Présent dans plusieurs pays africains, le Groupe revendique une ambition claire : accompagner durablement les économies du continent en proposant des solutions adaptées à des environnements souvent complexes et évolutifs.
À la fin des années 1990, le marché africain de l’assurance reste fragmenté et largement dominé par des acteurs internationaux. La stratégie d’ACTIVA repose alors sur un double objectif : accompagner les multinationales opérant en Afrique tout en développant une offre accessible aux particuliers et aux entreprises locales.
Très tôt, le Groupe fait du respect strict des engagements — notamment dans le règlement des sinistres — un pilier central de sa crédibilité. Sa signature « Passionnément Clients » traduit cette orientation stratégique vers la confiance et la qualité de service.
En 2009, ACTIVA choisit de se soumettre volontairement à une notation financière internationale. À partir de 2011, le Groupe obtient des certifications ISO, renforçant ainsi sa crédibilité auprès des régulateurs et partenaires. Le partenariat conclu en 2013 avec la Société Financière Internationale (SFI), membre du Groupe Banque mondiale, marque une étape déterminante dans son expansion. En 2016, l’entrée de PROPARCO vient consolider cette trajectoire.
La structuration se poursuit avec la création d’ACTIVA Ré, captive de réassurance destinée à optimiser les programmes du Groupe, ainsi qu’avec le lancement d’ATS – Africa Technologies Services, bras technologique chargé d’accompagner la transformation digitale et la modernisation des infrastructures.
« Le marché africain demeure marginal à l’échelle mondiale, mais il affiche depuis plus d’une décennie des rythmes de croissance soutenus », analyse Richard Lowe.
Malgré des contextes parfois marqués par des instabilités économiques ou sociopolitiques, le secteur continue d’évoluer. Les régulateurs renforcent progressivement les exigences en matière de solidité financière et encouragent une meilleure contribution de l’assurance au financement des économies nationales.
Parallèlement, on observe l’émergence de groupes africains régionaux structurés, capables de porter une vision de long terme et de participer à la professionnalisation du secteur.
Pour Richard Lowe, l’enjeu majeur reste l’amélioration du taux de pénétration, aujourd’hui proche de 2 %. Le secteur pourrait viser, à moyen terme, un niveau significativement plus élevé si plusieurs leviers sont activés :
- Renforcement du professionnalisme et de la qualité de service
- Approche réglementaire favorisant davantage la synergie avec les acteurs
- Extension des assurances obligatoires
- Réformes fiscales susceptibles de stimuler l’assurance vie
- Déploiement accéléré de la digitalisation et de l’intelligence artificielle
- Développement de la microassurance et de l’assurance inclusive
L’innovation technologique apparaît comme un accélérateur déterminant pour élargir la base assurée, notamment auprès des populations à revenus modestes.
Pour la prochaine décennie, l’ambition du Groupe ACTIVA est clairement affichée : renforcer sa solidité financière et s’inscrire durablement parmi les groupes africains de référence du secteur.
Cette stratégie repose sur plusieurs axes :
- investissement continu dans le capital humain,
- modernisation des infrastructures technologiques,
- amélioration constante de l’expérience client,
- gouvernance alignée sur les standards internationaux,
- et engagement sociétal renforcé à travers la Fondation ACTIVA.
ACTIVA contribue également à l’intégration des marchés via le Réseau GLOBUS, présenté comme l’un des réseaux d’assurance les plus étendus du continent, avec des membres présents dans une cinquantaine de pays.
Au-delà des initiatives privées, Richard Lowe plaide pour une meilleure organisation des mécanismes de réassurance interne — à travers des pools nationaux, régionaux et panafricains — afin de conserver localement une part plus importante des primes collectées en Afrique.
Pour le dirigeant, le développement de l’assurance ne relève pas uniquement de la protection des risques : il constitue un levier stratégique pour le financement et la résilience des économies africaines.
« La faiblesse actuelle du taux de pénétration n’est pas une limite définitive. C’est un point de départ », résume-t-il.