Noufissa Kessar, une femme à la tête d’Al Mada : le symbole d’une nouvelle ère

La gouvernance économique marocaine vient de franchir un cap historique. Noufissa Kessar prend les rênes d’Al Mada, succédant à Hassan Ouriagli, décédé le 10 janvier dernier. Elle devient ainsi la première femme à diriger la holding royale, un acteur central de l’investissement stratégique au Maroc et en Afrique.

Cette nomination marque à la fois une continuité et une rupture. Continuité, parce que Noufissa Kessar connaît intimement la maison Al Mada qu’elle accompagne depuis plus d’une décennie. Rupture, parce qu’elle incarne une nouvelle figure du leadership économique, à la croisée de la rigueur financière, de la vision panafricaine et de l’exigence de performance durable.

Un parcours construit dans l’excellence

Diplômée de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, Noufissa Kessar débute sa carrière en Suisse, au sein du groupe Nestlé à Vevey, où elle occupe des fonctions d’ingénieur-cadre à la direction de l’organisation. Cette première expérience internationale forge une culture de gestion exigeante, orientée résultats et organisation.

De retour au Maroc dans les années 1990, elle rejoint la BCM, future Attijariwafa bank après sa fusion avec Wafabank. Elle y entame une ascension progressive et stratégique au sein du premier groupe bancaire du Royaume.

Une architecte de la finance moderne

Noufissa Kessar dirige d’abord la division Groupes et grandes entreprises, avant de participer à la création d’Attijari Finances Corp., première banque d’affaires du pays, qu’elle prend ensuite en main en tant que directrice. Elle se voit confier un chantier structurant : la mise en place de la direction des financements structurés, qu’elle pilote pendant six ans.

À ce poste, elle intervient comme lead arranger sur des opérations de grande envergure dans des secteurs émergents, contribuant à structurer des projets à fort impact économique. Elle participe également au lancement de l’activité Private Banking, renforçant la diversification et la sophistication de l’offre du groupe bancaire.

Onze ans au cœur de la transformation d’Al Mada

En juin 2014, Noufissa Kessar est nommée directrice exécutive de la SNI, quelques mois avant l’arrivée de Hassan Ouriagli à sa présidence. Ensemble, ils engagent une transformation majeure de la holding, qui devient Al Mada en 2018, adoptant un modèle de fonds d’investissement panafricain orienté vers la création de valeur durable et l’accompagnement des économies africaines.

En 2017, elle se voit confier la représentation de la holding au sein du conseil d’administration de Royal Air Maroc, avant d’élargir considérablement son portefeuille de mandats. Elle siège aujourd’hui aux conseils d’administration de Managem, Sopriam, Optorg, ainsi que de plusieurs autres filiales stratégiques du groupe.

Une nomination stratégique pour l’Afrique

Donnée comme successeure naturelle par la presse spécialisée dès l’annonce du décès de Hassan Ouriagli, Noufissa Kessar hérite aujourd’hui d’un groupe aux ramifications considérables, présent dans la finance (Attijariwafa bank), l’industrie (Managem), les télécommunications (Inwi), l’énergie (Nareva) et la distribution (Optorg).

Au-delà du symbole, sa nomination traduit une volonté claire : consolider Al Mada comme acteur de référence de l’investissement africain, capable de conjuguer performance économique, impact social et vision de long terme.

Avec Noufissa Kessar à sa tête, Al Mada entre dans une phase où le leadership féminin, l’expertise financière et l’ambition panafricaine se rejoignent pour dessiner l’avenir.

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