À seulement 12 ans, une collégienne du Connecticut a accompli ce que des laboratoires, des ingénieurs et des institutions publiques tentaient encore de perfectionner : mettre au point un système de filtration d’air simple, économique et capable d’éliminer plus de 99 % des virus aéroportés, dont ceux du rhume et de la COVID-19.
Une innovation née dans une salle de classe de Middletown, mais déjà promise à un déploiement massif dans tout l’État.
Une invention aussi ingénieuse qu’accessible
Le dispositif conçu par l’élève, accompagnée de ses camarades et enseignants, ne repose sur aucune technologie coûteuse ni matériel professionnel. Il utilise :
- un simple ventilateur domestique,
- quatre filtres de four courants,
- du carton,
- du ruban adhésif.
Coût total : environ 60 dollars par unité.
Le principe s’inspire des boîtes de filtration dites Corsi-Rosenthal, mais le mérite revient à cette jeune inventrice d’avoir su l’adapter, l’optimiser et surtout la porter jusqu’aux autorités publiques.
Une efficacité validée scientifiquement
L’innovation a rapidement attiré l’attention de chercheurs de l’Environmental Protection Agency (EPA), qui ont mené des tests virologiques en laboratoire.
Les résultats sont sans appel : le dispositif élimine plus de 99 % des particules virales en environ une heure, une performance comparable à celle de certains systèmes HEPA professionnels, mais pour un coût dix à vingt fois inférieur.
Ces conclusions ont également mobilisé des chercheurs de l’University of Connecticut, engagés dans une initiative d’amélioration de la qualité de l’air scolaire. Ensemble, ils ont validé la pertinence du dispositif pour une diffusion à grande échelle.
11,5 millions de dollars pour équiper toutes les écoles du Connecticut
Séduite par l’efficacité, la simplicité de fabrication et l’impact sanitaire potentiel, la Connecticut State Bond Commission a approuvé un financement historique de 11,5 millions de dollars.
Objectif : fabriquer et installer ces purificateurs dans l’ensemble des écoles publiques de l’État.
Ce programme, piloté par l’UConn, permettra non seulement d’améliorer la sécurité sanitaire des élèves, mais aussi d’intégrer les enfants aux processus de construction dans un but pédagogique, prolongeant l’esprit STEM qui a donné naissance à cette innovation.
Une portée bien plus large qu’un simple projet scolaire
Au-delà du succès technique, cette initiative révèle un enjeu majeur : la qualité de l’air intérieur, désormais considérée comme un pilier de santé publique, notamment dans les établissements scolaires.
L’invention d’Eniola s’inscrit ainsi dans un mouvement national visant à rendre l’air des classes plus sain, plus sûr et plus compatible avec les exigences sanitaires post-pandémie.
Mais elle incarne surtout un message fort : l’innovation n’a pas d’âge.
À travers ce projet, une élève de 12 ans montre qu’avec curiosité, méthode et volonté de résoudre un problème réel, il est possible d’influencer jusqu’aux politiques publiques.
Une inspiration pour l’avenir de l’éducation et de la santé publique
L’histoire d’Eniola Shokunbi dépasse largement le cadre scientifique. Elle témoigne de la capacité des jeunes à contribuer concrètement à leur communauté, et rappelle que les solutions les plus efficaces ne sont pas toujours les plus coûteuses, mais souvent les plus ingénieuses.
Son objectif est désormais clair : garantir qu’aucun élève, dans aucun État, ne soit privé d’un air sain en classe.
Un rêve ambitieux, mais devenu crédible grâce à sa détermination et à la validation des institutions américaines.